C'était la semaine dernière : une expédition en pirogue sur les marais de Kaw, connus notamment pour leurs nombreuses variétés de caïmans. En compagnie de Max, venu de Saint-Laurent pour l'occasion, de Stéphane, venu d'Iracoubo (voir leurs blogs parmi les liens) et même de ch'tis venus se réchauffer en Guyane... Dans ce premier épisode très pédagogique, Francis, notre guide compétent et plein d'humour, nous expose les particularités de ce site exceptionnel, ainsi que le circuit que nous emprunterons à travers les marais. Patience, il vous faudra attendre le dernier épisode pour savoir si Francis a effectivement réussi à nous montrer un caïman en sortie nocturne...
Voici un bref extrait du séjour au coeur de la forêt surinamaise, au parc naturel de Brownsberg. Des images qui hélas sont bien loin de rendre compte de l'expérience vécue sur place : concert de singes hurleurs au-dessus du lodge au petit matin, vue magnifique sur l'immense lac du Brokopondo, criques et cascades, et randonnées en compagnie de Brian, notre guide Djuka et rasta qui sait repérer dans la canopée les singes, toucans et autres créatures...
Après une petite saison des pluies très clémente, voilà que nous entrons à pieds joints dans sa redoutable grande soeur : les averses et bourrasques durent depuis plusieurs jours et le soleil peine à transpercer la grisaille. C'est qu'on aurait presque froid de temps à autre ! En soirée, la terrasse devient le refuge de nombreux vers. On jurerait qu'il s'agît de gros lombrics, mais ces vers-là sont autrement plus véloces puisqu'ils parviennent même à monter des marches d'escalier ! Et pour accompagner ces vers, pourquoi pas ceux de Gainsbourg ?
Tandis qu'on est toujours sans nouvelle des deux randonneurs de l'impossible et que M6 vient de diffuser un énième documentaire alarmant sur la Guyane (peut-être bientôt sur ce blog ?), la WWF publie ce petit spot sur la création du Parc Amazonien de Guyane. Sachez que si beaucoup se félicitent de cette mesure attendue depuis des années, elle fait aussi l'objet de nombreuses controverses, comme le montre ce communiqué émanant de l'association Survival France :
Le Parc national de Guyane : quelle protection pour les Amérindiens ?
Le parc amazonien de Guyane a été créé par le Décret n° 2007-266 du 27 février 2007. Il concerne cinq communes où vivent quelque 7 000 personnes, et comprend une zone « cœur » de plus de 2 millions d'hectares intégralement protégée, autorisant le maintien des activités de subsistance (chasse, pêche, cueillette) pour les communautés résidentes et s'étend sur une zone de « libre adhésion » de plus de 1,3 million d'hectares où l’exploitation minière, notamment aurifère, sera autorisée.
Dans le cadre de l'enquête publique portant sur la création du Parc national de Guyane, les Amérindiens du Haut Maroni avaient clairement exprimé leur opposition à ce projet s’il ne prévoyait pas de rattacher leurs territoires à la zone « cœur du parc » pour les protéger des dangers de l’orpaillage. Si les conclusions des commissaires-enquêteurs tenaient compte des principales revendications des Amérindiens et suggéraient à l'Etat d'y donner suite, celles-ci n’ont pas été retenues dans le projet final.
En octobre 2006, 285 Amérindiens wayana et émerillon adultes, soit un tiers de leur population avaient manifesté leur opposition au projet du Parc dans une pétition adressée à la Commission d’enquête : « Notre volonté de bénéficier de la proximité du cœur du Parc, afin de protéger nos lieux de vie et d’activité n’a pas été retenue dans ce projet ; rien ne nous protège contre les nombreuses nuisances liées à l’orpaillage, au contraire le projet contient certaines dispositions qui lui sont favorables et il ne garantit pas nos communautés contre les intrusions sur nos espaces de vie et d’activité. »
Brigitte Wyngaarde, chef coutumier de Balaté et membre du collectif des Amérindiens du Haut Maroni, estime que les Amérindiens ont une fois de plus été trahis. Elle a déclaré aujourd’hui : « L’enquête publique n’a finalement pas pris en compte les principales revendications des communautés amérindiennes du haut Maroni. L’orpaillage, un fléau qui sévit depuis plusieurs années en pays wayana, va désormais être légalisé sur leurs terres. Nous constatons amèrement que leurs intérêts et leur survie passent après ceux des orpailleurs et après la protection de l’environnement. Il s’agit là d’un acte de violence administrative. Nous voyons très mal l’avenir. »
Francis Dupuy, anthropologue, expert auprès de la mission pour la création du Parc, désavoue le projet dans sa forme ultime : « La création d’un parc dans le sud de la Guyane est en soi une bonne chose. Toutefois, en dépit de toutes les préconisations du comité de pilotage et des nombreuses réclamations exprimées lors de l’enquête publique, le zonage retenu in fine laisse en dehors de la zone de protection tout le secteur du haut Maroni (commune de Maripasoula) où vivent les Amérindiens wayana. Ces derniers attendaient du Parc qu’il les protège de l’orpaillage et de ses ultiples méfaits. Ce qui ne sera pas le cas. Aussi, aujourd’hui, l’inquiétaude est grande quant à l’avenir de cette communauté. Une fois de plus les autorités ont fait fi de ses aspirations. Il faudra tout faire pour que les Wayana, qui n’ont cessé de réclamer l’élargissement de la zone de protection, soient entendus. »
Françoise Grenand, anthropologue, membre du Comité de pilotage pour la création du Parc de Guyane, se dit consternée : « Le projet de Parc de Guyane mêlait les problématiques humaines et environnementales dans le droit fil de la loi du 14 avril 2006 qui a réformé le statut des parcs naturels nationaux pour associer les collectivités locales à leur gestion. Etant donné le contexte humain et social complexe du sud de la Guyane par rapport à la création d’un parc « français », la projet guyanais exigeait une attention particulière. Or, le Parc, tel qu’il apparaît aujourd’hui a trahi ses promesses, il ne reflète aucunement les recommandations des membres du Comité de pilotage qui, tout au long du processus d’élaboration, ont été manipulés, tout comme les populations locales. »
Jean-Patrick Razon, directeur de Survival a déclaré : « Il est inquiétant de constater le mépris avec lequel ont une fois de plus été traitées les populations amérindiennes de Guyane dans le processus de création d’un Parc censé protéger une forêt tropicale humide d'une biodiversité prodigieuse, mais qui privilégie surtout les intérêts économiques engagés dans la région. »
Voici les premières images de la virée de notre petite troupe au Suriname : commençons par les sentiers battus de Paramaribo, ses édifices religieux (église en bois, mosquée et synagogue côte-à-côte), sa Maison Blanche (eh oui), son centre historique et ses palmiers. Je ne reviendrai pas en détails sur la ville, déjà décrite ici-même il y a quelques mois, appréciez plutôt le joyeux méli-mélo qui y règne !
En attendant les images du Suriname, je ressors les fonds de tiroirs : ici, la plage des colibris et sa faune particulière : crabes et kite-surfers en l'occurence... Mon endroit préféré pour décompresser !
Pendant une bonne semaine, aucun nouvel article ne sera posté sur le blog pour cause de "mission vidéo" au Suriname... Je poste donc une sélection de documentaires trouvés sur le Net pour permettre aux plus curieux de la Guyane de ne pas rester sur leur faim : le fil conducteur est "l'oeil de l'hexagone"...
Commençons par un documentaire rare et sans concession de Philippe Lafaix réalisé en 2003 :
LA LOI DE LA JUNGLE - CHRONIQUE D'UNE ZONE DE NON-DROIT : LA GUYANE FRANCAISE (54 minutes). Voici le descriptif accompagnant le film : "Prix du documentaire au Festival international du film de l'environnement (Paris), Prix du meilleur film pour les droits de l'homme CinéEco (Portugal), alors pourquoi cet excellent documentaire n'a été retenu par aucune grande chaine ? Sans doute parce qu'il a été mis "sur liste noire" comme le dit L'Humanité, sans doute parce qu'il dérange. Des frontières passoires dans une forêt équatoriale incontrôlable. Une ruée vers l'or qui dégénère en Far-west tropical. Des ressortissants brésiliens réduits en esclavage sur des sites d'orpaillage clandestins. Les témoignages exclusifs de quatre survivants atrocement torturés. Le premier procès en France depuis la guerre 39-45 pour tortures et actes de barbarie attribué à une organisation. Des forêts et fleuves partout éventrés. Une contamination massive par le mercure (12 tonnes par an!) de toute la région (le pays des mille fleuves!) qui décime les guyanais dont les derniers amérindiens français. Et tout cela se passe dans le plus grand département Français : la Guyane française! Un documentaire d'une force exceptionnelle, un constat lucide et un véritable pavé dans la mare." LA PHRASE CULTE DU FILM (selon Mangrove) : Le maire de Saint-Elie à la population : "Messieurs dames, vous êtes là ? Quel est votre problème ? Qu'est-ce que vous demandez ?"
Poursuivons avec rien de moins que la version intégrale du très divertissant mais peu réjouissant CAYENNE EXPRESS - COMPARUTIONS IMMEDIATES AU TRIBUNAL, de Vincent Liger et Nicolas Moscara. Tourné pendant la fin du carnaval 2006... Les habitués du blog connaissent le ton : une alternance de séquences sur le terrain (dans le genre "Rick Hunter à Cayenne") et d'extraits de procès (pas encore Depardon, mais bien). LA PHRASE CULTE DU FILM (selon Mangrove) : "Je suis policier moi, je vends pas des cacahuètes !"
Toujours dans la même lignée d'une vision très hexagonale de la Guyane, le documentaire LEGION ETRANGERE - SIX SEMAINES DANS L'ENFER VERT... le titre suffit largement comme résumé ! LA PHRASE CULTE DU FILM (selon Mangrove) : "Si à la fin du stage, vous n'avez pas le goût du sang dans la bouche, c'est que vous ne vous êtes pas donnés à fond !"
Pour changer un peu, je vous propose de décoller pour une improbable visite virtuelle du Musée de l'Espace, à Kourou (en attendant la visite complète du Centre Spatial Guyanais) : clip "electro-robo-kitsch" de rigueur ! PS : Saurez-vous trouver le doigt caché dans l'un des plans ?
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