Le vol de Pointe-à-Pitre à Cayenne dure 3 heures, mais l'ambiance dans le petit coucou qui nous transporte n'a rien à voir avec celle qui régnait dans le Paris - Pointe-à-Pitre... Pas assez de place pour les bagages à main des passagers, l'hôtesse de l'air est très stressée et le fait sentir à tout le monde, elle se plaint au pilote que le personnel au sol ne fait pas son boulot, puis sa voix se transforme totalement dès qu'elle passe par les haut-parleurs de l'avion pour nous expliquer comment marchent les gilets de sauvetage !! Après deux heures de vol, l'avion commence à descendre, et j'admire toute la côté des Guyanes par le hublot : le Guyana, le Suriname, et enfin la Guyane... Un tapis de verdure totalement démesuré, dans lequel serpentent quelques fleuves, et au fond duquel on aperçoit quelques montagnes : inimaginable !! Quand l'avion touche le sol, je me dis "ça y est, maintenant tu y es vraiment", et plein d'autres banalités du même ordre... La chaleur et l'humidité frappent encore plus qu'en Guadeloupe ! En 20 kilomètres de taxi, j'aperçois quelques endroits que je n'avais vu jusque-là que sur des cartes : Matoury, Rémire, puis enfin Cayenne...
J'ai appris au dernier moment que je devais passer une nuit à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, en attendant ma correspondance pour Cayenne le matin du 15 août. Qu'à cela ne tienne, je suis très heureux d'avoir la chance d'entrevoir cet autre D.O.M. sur lequel je ne sais rien ! A l'approche de l'île, l'avion survole des paysages extraordinaires, et je regrette déjà de ne pas savoir identifier les différents archipels, tous plus magiques les uns que les autres, qui s'offrent à mon regard... Les eaux turquoises, les montagnes et les forêts me donnent l'impression d'évoluer dans une carte postale. C'est bientôt la descente de l'avion, après un aterrissage applaudi par tous les passagers (je n'y connais rien mais apparemment il fut particulièrement réussi !). Un taxi m'emmène à un hôtel, Place de la Victoire (voilà qui n'est pas très dépaysant !), après avoir traversé une partie de la ville et de ses banlieues. L'hôtel en question est en fait une pizzeria-sandwicherie qui dispose d'une chambre à louer à l'étage. Ca m'ira très bien, d'autant que je dois me lever à 5h pour retourner à l'aéroport le lendemain. La chambre est très spacieuse, avec deux grands lits : beaucoup trop pour le voyageur solitaire que je suis ! Ca tombe bien, quelques cafards viendront me tenir compagnie dans la salle de bain et la kitchenette ! Je pose mon sac sans tarder et je vais faire un petit tour près de l'hôtel pour avoir un aperçu de Pointe-à-Pitre. Je suis surpris par la chaleur et l'humidité, un avant-goût de ce qui m'attend en Guyane, mais je trouve ça tout-à-fait respirable, voire amusant. La ville a l'air très charmante, les maisons créoles sont magnifiques. Pourtant, la pauvreté est partout. Un vieil alcoolique harangue la foule en menaçant des gens de les frapper avec sa bouteille de rhum vide. Il s'attaquera brièvement à moi avant que quelqu'un se charge de le faire fuir. Un peu plus loin, une boutique de chaussures a jeté des fins de séries devant sa devanture, et de nombreuses personnes accourent pour essayer de récupérer quelques paires. A côté de cela, de nombreuses personnes me souhaitent amicalement bon voyage. Sur la Place de la Victoire, des adolescents vendent et fument de l'herbe en guettant la patrouille de police qui fait ses rondes... Je vais manger une pizza à "l'hôtel". Le piment me brûle la bouche et finit de m'achever ! Il est 21h ici, et beaucoup plus tard à Paris, alors je vais me coucher...
Le vol, disais-je donc, s'est plutôt bien passé. On a eu droit à deux repas : un en-cas d'abord, puis un véritable petit festin cellophané pour finir, avec ti'punch en apéritif et vin rouge pour accompagner un colombo de poulet emballé dans de l'aluminium. L'impression d'être un astronaute dure tout le temps du repas, d'autant que l'espace vital de chacun est très limité. A côté de moi, est assis un petit guadeloupéen de 4 ou 5 ans. Après seulement une heure de vol, il commence déjà à demander à sa mère, "on arrive ?"... Autant dire que la maman en question (qui avant d'embarquer est sûrement tombée dans du parfum duty-free et m'irrite sérieusement les sinus) doit rivaliser d'imagination pour tenir en place son marmot, pour lequel je jouerai tour-à-tour le rôle d'accoudoir, d'oreiller pour la sieste, et accessoirement de punching-ball. Peu importe, comme souvent ces derniers temps, je suis là sans être là, d'autant que le ti'punch m'emmène vers une longue sieste pleine de béatitude...
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