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DES NOUVELLES D'ALDRIC EN GUYANE...
Vendredi 24 novembre 2006


Voici la suite tant attendue de notre court séjour au Suriname... Voici quelques images de Palmhuis, l'équivalent de la Place des Palmistes de Cayenne, à quelques "détails" près : à Paramaribo, la place est beaucoup plus grande, et on n'a pas rasé la plupart des immenses palmiers pour en faire un terrain de basket bîtumé que l'on entretient pas... A Par'bo on a presque l'impression de se promener dans une forêt de palmiers. De nombreux carbets permettent de s'abriter ou de se retrouver.






















La principale activité du dimanche, c'est la sieste à l'ombre du carbet. Sauf pour les profs d'EPS qui ne peuvent pas s'empêcher d'escalader la moindre rocaille !



Après tant d'efforts, on se ressource sur une terrasse près du Tora Rica, le plus luxueux hôtel du Suriname. On se contentera de le visiter et de profiter de leur astronomique petit-déjeuner...



La boisson surinamaise par excellence est la Parbo Bier, une bière au riz servie dans une grande bouteille à partager, le djogo. Impossible d'en abuser, car c'est comme manger un bol de riz à chaque verre !



On poursuit notre balade dans la capitale pour se rendre compte que les imposants monuments religieux témoignent de la remarquable diversité ethnique du Suriname. Ainsi, fait plutôt rare, une mosquée et une synagogue se tiennent côte-à-côte, au coeur du centre-ville, comme faisant un grandiose pied-de-nez aux animosités lointaines...





Tandis que nous admirons la cohabitation des cultures, un surinamais nous ouvre les grilles des deux édifices pour nous permettre de voir tout cela de plus près. Par les fenêtres, on voit du sable qui couvre le sol de la synagogue, en référence aux premiers juifs du Suriname qui pratiquaient leur religion en secret (car dans le sable on ne laisse pas d'empreinte).

En refermant la grille, le gardien nous demande un petit pourboire. Il est particulièrement fier de la cohabitation sans faille des juifs et musulmans de Paramaribo. Mais en bon musulman, il conclut tout de même en disant que le pourboire n'est pas pour lui, mais va directement dans les caisses de la mosquée !

N'oublions pas la plus grande église en bois dAmérique du Sud (Cf. article précédent), et dans un style bien plus coloré, les nombreux temples hindous, comme celui-ci, d'un surprenant vert pomme :



Le lendemain, on décide de quitter le tumulte de Paramaribo : on loue des vélos hollandais, et on traverse le fleuve en pirogue.









C'est parti pour une journée de vélo hollandais qui me rappelle beaucoup de souvenirs... Comme les Pays-Bas, le Suriname est un pays très plat. Par contre, la température n'a évidemment rien à voir et faire du vélo en pleine journée en climat tropical demande beaucoup de volonté et exige de ne pas être trop regardant niveau transpiration !











Un évadé de Prison Break ? Eh non, c'est Maxime, un évadé de Saint-Laurent...



Tout au long du trajet, les gens que nous croisons nous saluent de la main, qu'ils soient devant chez eux ou dans leur voiture ! Ca me change de Saint-Laurent-du-Maroni, où un gamin de 5 ans m'avait lancé un "Rentre chez toi, moun !" qu'il n'avait sûrement pas appris tout seul...



Après avoir pédalé plusieurs heures le long des anciennes plantations et épuisé nos réserves d'eau fraîche, on arrive à Nieuw-Amsterdam où subsistent les vestiges d'un fort datant des guerres coloniales.



Au loin, c'est l'embouchure du fleuve Suriname...



C'est à croire que les canons fument encore...





Maxime peut être fier de cette photo où une pirogue aux couleurs des Pays-Bas semble provoquer l'oeil du canon... Sus aux colons !



En route vers le passé : la statue de l'homme sans visage symbolise le premier surinamais, dont on ne connaît ni l'identité, ni la couleur. Mais comment mieux incarner la diversité érigée en système ?

C'est déjà l'heure du retour à Albina, au coucher du soleil. Une nouvelle fois, un Schumacher amazonien nous transporte... Les yeux rivés sur le compteur...

par aldric publié dans : mangrove
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Vendredi 10 novembre 2006

 

 Après une journée à Saint-Laurent, Maxime et moi-même décidons de nous rendre quelques jours au Suriname, notre voisin "émancipé" des colons hollandais. Direction le fleuve Maroni, où on n'aura aucun mal à trouver des piroguiers pour la traversée. D'abord, il faut aller faire tamponner nos visas à la douane française, puis faire de même à la douane surinamaise, à Albina. Nous arrivons dans un hall vide et sans indication. On essaie d'ouvrir des portes au hasard et on finit donc par trouver le petit bureau du douanier, qui d'emblée n'a pas l'air commode : l'air irrité, il nous crie dessus en néerlandais. Je tente ma chance avec l'anglais pour m'entendre dire, "I don't have to speak English to make you understand that you are supposed to close the door when you enter an air-conditioned room !" Le douanier d'Albina tient simplement à la fraîcheur de son bureau. Heureusement que mes profs d'anglais m'ont appris mille façons de m'excuser ; le douanier nous laisse nous asseoir et accepte une entente cordiale le temps d'observer nos passeports sous toutes les coutures et de nous faire remplir des formulaires : qui sommes-nous, que faisons-nous, d'où venons-nous, où allons-nous, pour combien de temps, etc... Le fait que nous soyons tous deux enseignants a l'air de le faire doucement rigoler. Il finit quand même par tamponner nos visas et nous souhaitons bien du courage aux compatriotes qui nous suivent.

C'est le moment de tester le taksiko surinamais, assez différent du guyanais. Au Suriname, on roule à gauche, mais cela n'a aucune sorte d'importance sur la route d'Albina à Paramaribo : en effet, le chauffeur roule à une vitesse folle, tant à gauche qu'à droite, il double sans visibilité aucune et slalome pour éviter les nombreux nids de poule qui jonchent cette route amazonienne. Je ne donne pas cher de la vie des amortisseurs, soumis ici à des conditions extrêmes. Ambiance garantie avec l'autoradio qui assène du reggae à fond les manettes ! Le pied au plancher, le chauffeur (j'ai presque envie d'écrire, "le pilote") crie pour discuter avec les passagers (cette fois ce n'est plus le néerlandais qui est de mise, mais le taki-taki, ou sranan tongo, dialecte local mélangeant plusieurs langues) et, tenant le volant avec les genoux, change le CD à la demande. Maxime me suggère de jeter un coup d'oeil sur le compteur : on ne descend pas en dessous de 100 km/h pendant le trajet, et on atteindra - sans exagérer - un maximum de 155 km/h !!! Nous faisons connaissance avec l'un des passagers, Stefa, qui est justement chanteur-compositeur dans un groupe de reggae surinamais. On sympathise en écoutant son premier album (très doué pour un gosse de 17 ans !) et il nous propose de nous faire venir dans son village, où se tient une fête, ce que nous ferons dans l'après-midi. Après 2 heures et demie d'un voyage à tout berzingue qui vaut largement n'importe quel tour de montagnes russes, nous arrivons à Paramaribo, la capitale du Suriname, qui compte à peu près autant d'habitants que toute la Guyane.

Stefa nous déniche un chauffeur de taxi très spécial : brésilien apparemment, et très bavard, il affirme avoir travaillé à Cayenne, et nous montre même ce qu'il considère constituer une preuve de son passé en Guyane française : sur les photos qu'il sort de son porte-feuille, on le voit effectivement poser avec des galettes d'or ! Cela ne fait que prouver son passé d'orpailleur clandestin, pensons-nous... Il nous trouve un appart-hôtel après avoir tourné un peu en ville. Pour le prix d'une auberge de jeunesse on peut facilement dormir dans un T3 à Paramaribo. Beaucoup de guyanais viennent ici car le pouvoir d'achat est à peu près multiplié par 3. La monnaie est le dollar surinamais (1 EUR = 3.5 SRD). Après un repas en ville nous accompagnons Stefa dans son village à l'africaine, à 20 km de Paramaribo. Un nombre incalculable de gens semblent vivre ici, dans des cases de bric et de broc. Un tournoi de football a été organisé, c'est la principale animation de la journée. Une buvette a été improvisée, où le chef de la police locale s'occupe des grillades ! Une bâche a été étendue pour abriter un "sound-system", et les villageois se retrouvent, assis dans la poussière ou à l'ombre des rares arbres encore debout dans cette savane.

Nous repartons en ville après une petite promenade, pour apprécier le centre historique de Paramaribo (ou Par'bo). Les photos sont celles de Max car, rappellez-vous, mon appareil m'a laissé tomber à Saint-Laurent...

On voit beaucoup de très belles maisons de style colonial, souvent beaucoup plus grandes qu'à Cayenne. Les arbres sont des mahogany, qui ornent certaines rues du centre-ville.

A Par'bo, il n'y a quasiment que des véhicules japonais. Ceux-là sont les bus de la ville, ils sont tous décorés de façon très kitsch, souvent avec des peintures de Bob Marley ou Elvis Presley aux couleurs criardes.

Le bâtiment présidentiel...

J'en resterai là pour aujourd'hui car l'upload est momentanément interrompu chez Chen...

A Paramaribo, on trouve aussi de nombreux casinos, dont les néons grossiers enlaidissent les rues. Une attraction assez prisée des visiteurs guyanais, mais nous ne nous y sommes pas aventurés. Il y a aussi des hôtels de luxe, mais on s'est contentés d'y aller le matin pour profiter des petits-déjeuners astronomiques (et gastronomiques, d'ailleurs) qui y sont servis. Le brassage des cultures est ici beaucoup plus prononcé qu'en Guyane, et en l'espace de quelques minutes, on a l'impression de changer de continent ! La suite du voyage la prochaine fois...

par aldric publié dans : mangrove
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Vendredi 10 novembre 2006

Pendant la Toussaint, j'ai décidé de rendre visite à Maxime à Saint-Laurent-du-Maroni, la "capitale de l'Ouest guyanais". Pas de chemin de fer, pas d'autocar, il reste la solution du taksiko, véhicule collectif qui peut varier du minibus à la berline et qui ne part que quand il est plein. J'ai de la chance, un de mes voisins gère une des lignes reliant Cayenne à Saint-Laurent. Seul problème, il part tous les jours de Cayenne à 3h00 du matin ! Qu'à cela ne tienne, me voilà parti au beau milieu de la nuit au point de rendez-vous. Je n'avais jamais fait l'expérience de mon quartier en pleine nuit, et c'est quelque chose : un concert de batraciens couvre le reggae de mon lecteur mp3. Le taksiko arrive, prend quelques passagers noctambules dans plusieurs quartiers de Cayenne, et nous voilà partis sur la RN1 ! Un voyage sans encombre, où je regretterai seulement de ne pas pouvoir davantage apprécier le paysage.

 Le soleil finit par se lever et nous arrivons bientôt à Saint-Laurent vers 6h00. Dès l'arrivée, le taksiko est littéralement assailli par une dizaine de piroguiers surinamais qui sont prêts à tout pour qu'on monte dans leur pirogue pour rejoindre l'autre rive du Maroni et le village d'Albina, au Suriname. Il faut leur expliquer que je reste à Saint-Laurent car ils sont prêts à prendre mon sac pour l'embarquement ! Je rejoins Maxime qui habite tout près. Je le sors du lit à 6h15, mais les profs d'EPS, c'est bien connu, s'en remettent vite ! Déception : mon appareil photo à 30 EUR m'a lâché pendant le voyage, impossible d'en tirer quelque chose. C'est pourquoi il n'y aura pas d'image de Saint-Laurent ni du Suriname pour cette fois.

On a décidé de passer la journée à Awala-Yalimapo, un village amérindien sur le littoral, connu pour ses interminables plages de sable fin et ses tortues... On traverse le village de Mana, où on dirait qu'il fait bon vivre en ce samedi sans nuage... Sur la route, on croise d'innombrables auto-stoppeurs, c'est à croire que la plupart des habitants de cette région isolée ne peuvent que compter là-dessus pour leurs déplacements.

Je reviendrai à Saint-Laurent avec un nouvel appareil ; comme je ne peux pas vous laisser sans images je poste cette vidéo humoristique faite par un américain qui n'a jamais mis le pied en Guyane. Aucune image n'a été prise en Guyane malgré le titre, French Guiana. Pour public averti et anglophone, je précise...

"Thank you French Guiana, you made my dreams come true !!!"

par aldric publié dans : mangrove
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Vendredi 10 novembre 2006

Chose promise, chose due : voici enfin les derniers clichés de la réserve animalière de Macouria que je n'avais pas pu mettre en ligne la dernière fois...

Les caïmans sont de sacrés bestiaux même s'ils ne sont pas très actifs... Ils sont si immobiles dans leurs bassins qu'on dirait des faux !

Il n'empêche qu'on n'en mène pas large, au-dessus du bassin...

Agglutinés les uns aux autres, ils semblent guetter l'inattention du touriste qui laissera traîner sa main ou son appareil photo...

Plus inoffensif, un drôle d'oiseau dont j'ai oublié le nom, mais dont la "coiffure" aurait fait fureur dans les années 80 !!!

Une harpie : cet oiseau est vraiment énorme, à peu près la taille d'un buste humain. Très surprenant !

Le tapir, qu'on appelle ici "Maïpouri", est très apprécié pour sa viande...

Enfin, un des nombreux "singes hurleurs" de la réserve. Ce jour-là, les responsables de la réserve leur avaient donné à manger une montagne de biscuits Prince de Lu (peut-être les invendus du chinois du coin, à plus de 2 EUR le paquet ?). En tout cas la nourriture industrielle avait l'air de beaucoup plaire aux singes, et c'était à celui qui arriverait à en ramener le plus avec lui : vous avez déjà essayé, vous, d'escalader des arbres et de sauter de branche en branche en tenant trois ou quatre biscuits Lu dans la main ?? Eh bien les singes y arrivent à peu près. Dernier détail très drôle : certains singes essayaient d'écarter les deux biscuits sablés pour ne manger que le chocolat qui est à l'intérieur. Franchement, on l'a tous fait, non ?

par aldric publié dans : mangrove
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