D'Albina à Paramaribo

Publié le par aldric

 

 Après une journée à Saint-Laurent, Maxime et moi-même décidons de nous rendre quelques jours au Suriname, notre voisin "émancipé" des colons hollandais. Direction le fleuve Maroni, où on n'aura aucun mal à trouver des piroguiers pour la traversée. D'abord, il faut aller faire tamponner nos visas à la douane française, puis faire de même à la douane surinamaise, à Albina. Nous arrivons dans un hall vide et sans indication. On essaie d'ouvrir des portes au hasard et on finit donc par trouver le petit bureau du douanier, qui d'emblée n'a pas l'air commode : l'air irrité, il nous crie dessus en néerlandais. Je tente ma chance avec l'anglais pour m'entendre dire, "I don't have to speak English to make you understand that you are supposed to close the door when you enter an air-conditioned room !" Le douanier d'Albina tient simplement à la fraîcheur de son bureau. Heureusement que mes profs d'anglais m'ont appris mille façons de m'excuser ; le douanier nous laisse nous asseoir et accepte une entente cordiale le temps d'observer nos passeports sous toutes les coutures et de nous faire remplir des formulaires : qui sommes-nous, que faisons-nous, d'où venons-nous, où allons-nous, pour combien de temps, etc... Le fait que nous soyons tous deux enseignants a l'air de le faire doucement rigoler. Il finit quand même par tamponner nos visas et nous souhaitons bien du courage aux compatriotes qui nous suivent.

C'est le moment de tester le taksiko surinamais, assez différent du guyanais. Au Suriname, on roule à gauche, mais cela n'a aucune sorte d'importance sur la route d'Albina à Paramaribo : en effet, le chauffeur roule à une vitesse folle, tant à gauche qu'à droite, il double sans visibilité aucune et slalome pour éviter les nombreux nids de poule qui jonchent cette route amazonienne. Je ne donne pas cher de la vie des amortisseurs, soumis ici à des conditions extrêmes. Ambiance garantie avec l'autoradio qui assène du reggae à fond les manettes ! Le pied au plancher, le chauffeur (j'ai presque envie d'écrire, "le pilote") crie pour discuter avec les passagers (cette fois ce n'est plus le néerlandais qui est de mise, mais le taki-taki, ou sranan tongo, dialecte local mélangeant plusieurs langues) et, tenant le volant avec les genoux, change le CD à la demande. Maxime me suggère de jeter un coup d'oeil sur le compteur : on ne descend pas en dessous de 100 km/h pendant le trajet, et on atteindra - sans exagérer - un maximum de 155 km/h !!! Nous faisons connaissance avec l'un des passagers, Stefa, qui est justement chanteur-compositeur dans un groupe de reggae surinamais. On sympathise en écoutant son premier album (très doué pour un gosse de 17 ans !) et il nous propose de nous faire venir dans son village, où se tient une fête, ce que nous ferons dans l'après-midi. Après 2 heures et demie d'un voyage à tout berzingue qui vaut largement n'importe quel tour de montagnes russes, nous arrivons à Paramaribo, la capitale du Suriname, qui compte à peu près autant d'habitants que toute la Guyane.

Stefa nous déniche un chauffeur de taxi très spécial : brésilien apparemment, et très bavard, il affirme avoir travaillé à Cayenne, et nous montre même ce qu'il considère constituer une preuve de son passé en Guyane française : sur les photos qu'il sort de son porte-feuille, on le voit effectivement poser avec des galettes d'or ! Cela ne fait que prouver son passé d'orpailleur clandestin, pensons-nous... Il nous trouve un appart-hôtel après avoir tourné un peu en ville. Pour le prix d'une auberge de jeunesse on peut facilement dormir dans un T3 à Paramaribo. Beaucoup de guyanais viennent ici car le pouvoir d'achat est à peu près multiplié par 3. La monnaie est le dollar surinamais (1 EUR = 3.5 SRD). Après un repas en ville nous accompagnons Stefa dans son village à l'africaine, à 20 km de Paramaribo. Un nombre incalculable de gens semblent vivre ici, dans des cases de bric et de broc. Un tournoi de football a été organisé, c'est la principale animation de la journée. Une buvette a été improvisée, où le chef de la police locale s'occupe des grillades ! Une bâche a été étendue pour abriter un "sound-system", et les villageois se retrouvent, assis dans la poussière ou à l'ombre des rares arbres encore debout dans cette savane.

Nous repartons en ville après une petite promenade, pour apprécier le centre historique de Paramaribo (ou Par'bo). Les photos sont celles de Max car, rappellez-vous, mon appareil m'a laissé tomber à Saint-Laurent...

On voit beaucoup de très belles maisons de style colonial, souvent beaucoup plus grandes qu'à Cayenne. Les arbres sont des mahogany, qui ornent certaines rues du centre-ville.

A Par'bo, il n'y a quasiment que des véhicules japonais. Ceux-là sont les bus de la ville, ils sont tous décorés de façon très kitsch, souvent avec des peintures de Bob Marley ou Elvis Presley aux couleurs criardes.

Le bâtiment présidentiel...

J'en resterai là pour aujourd'hui car l'upload est momentanément interrompu chez Chen...

A Paramaribo, on trouve aussi de nombreux casinos, dont les néons grossiers enlaidissent les rues. Une attraction assez prisée des visiteurs guyanais, mais nous ne nous y sommes pas aventurés. Il y a aussi des hôtels de luxe, mais on s'est contentés d'y aller le matin pour profiter des petits-déjeuners astronomiques (et gastronomiques, d'ailleurs) qui y sont servis. Le brassage des cultures est ici beaucoup plus prononcé qu'en Guyane, et en l'espace de quelques minutes, on a l'impression de changer de continent ! La suite du voyage la prochaine fois...

Publié dans mangrove

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JérÎme 21/11/2006 14:32

Sacré Chen ! Un vrai capitaliste qui fleure bon ses origines... Passer du boulier compteur à l'ordinateur, ce fut une révolution ! Deng Xiao Ping Pong l'a dit : « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape les pigeons... Euh ! Les souris.»Tu veux un conseil ? Fais lui plaisir : Achète son cybercafé avant qu'il ne devienne ton propriétaire ! :D

Aldric 18/11/2006 13:03

Cyril, comment vas-tu?  Oui c'est possible qu'un type se soit servi de mon compte MSN. Dans les cybercafés chinois, à la fin du temps imparti, le clavier se fige, l'écran aussi, mais toutes les applications continuent à tourner, donc tu restes connecté et la personne qui vient après toi a donc accès à tes e-mails, ton MSN, bref la totale ! J'ai essayé de l'expliquer aux chinois mais chez Chen ils ne comprennent le français que quand il s'agit de passer à la caisse...

JérÎme 13/11/2006 15:17

Ah ! je comprends mieux maintenant : un blog politiquement correct et des confidences par messenger... Avoue : l'orpailleur était un contact non ? C'etait combien le tarif ? Et ségolène qui parle de faire bosser les profs 35 heures...

Cyril 10/11/2006 22:43

Coucou, je met juste un petit mot de suite, j'en mettrais d'autres plus tard :Y'a qqun qui utilise ton adresse mail, paske vu la "discussion" plus que bizarre de tout à l'heure sur messenger, j'ai des doutes, sauf si tu sais plus parler français correctement !